Trois Jours Chez Ma Mère
Avant de commencer Trois jours chez ma mère, je m’attendais, bêtement il est vrai, à y trouver simplement le récit d’un homme qui va passer (ou a passé) trois jours chez sa mère.
Ce livre est une tromperie. Je suis tombée sur le récit piteux d’un écrivain, François Weyergans, dont le narrateur, François Weyergraf, écrivain, tente d’écrire un livre dont le personnage principal, François Graffenberg est écrivain. Pour écrire ce livre, il se rend chez sa mère, puisqu’il a promis à son éditeur que ce livre porterait sur ladite dame et s’intitulerait bien entendu (pourquoi se priver d'un tel lieu commun ?) Trois jours chez ma mère. Sinon, il s'ennuie, il promet d’autres livres, qu’il n’écrit pas, il rencontre un tas de jeunes filles / femmes à qui il rend les honneurs, et l’histoire de François Weyergraff et celle de François Graffenberg s’entremêlent tellement l’écriture est pâteuse et leurs vies inintéressantes.
Ce livre est réellement ennuyeux, sans intérêt aucun. C’est un livre moderne : le narrateur porte le prénom de l’auteur, presque son nom, mais il est important de ne pas confondre l’un avec l’autre. Le style est sans attraits. L’histoire, l’intrigue, le propos, appelez ça comme vous voulez, sont des simulacres oiseux d’une réalité fade et observée sans talent. La mise en abyme est inutile, excessive et nombriliste.
Chez Gide, la mise en abyme servait une écriture espiègle, primesautière, et prêtait à une multitude d’études et d’interprétations. La seule que je vois dans ce livre que je n’ai terminé que pour mieux le critiquer est le manque d’inspiration.
Chez d’autres auteurs, ce manque peut être compensé par ce qu’on appelle communément le style.
Comble du chic, ce livre a reçu le prix Goncourt.
Sans commentaires. |